Chute de cheveux et alimentation : carences, excès et erreurs nutritionnelles à corriger

Chute de cheveux et alimentation : carences, excès et erreurs nutritionnelles à corriger

Tu perds plus de cheveux que d’habitude sous la douche ou sur l’oreiller et tu te demandes si ton alimentation n’y est pas pour quelque chose ? Tu as raison de te poser la question.

Oui, ce que tu manges peut clairement accélérer (ou freiner) la chute de cheveux. Et non, ce n’est pas qu’une histoire de génétique ou de shampoing miracle.

Ce qu’il faut comprendre sur la chute de cheveux

Avant de parler carences et erreurs alimentaires, deux points importants :

1) Perdre des cheveux, c’est normal.
On perd en moyenne 50 à 100 cheveux par jour. Si tu vois quelques cheveux dans ta brosse, ce n’est pas forcément le drame.

2) Quand faut-il s’inquiéter ?

  • Quand tu retrouves des poignées de cheveux dans la douche
  • Quand ta raie s’élargit clairement
  • Quand tu vois ton cuir chevelu beaucoup plus qu’avant
  • Quand tes cheveux deviennent d’un coup très fins, cassants, ternes
  • Dans ces cas, l’alimentation peut être un facteur clé, surtout si tu as :

  • Commencé un régime récemment
  • Supprimé des groupes d’aliments (viande, produits animaux, féculents, etc.)
  • Augmenté ta charge d’entraînement sans adapter ton alimentation
  • Les cheveux sont un peu comme un « luxe » pour le corps. En cas de déficit, l’organisme privilégie les organes vitaux… et laisse tomber ce qui n’est pas indispensable. Devine qui trinque en premier ? Les cheveux.

    Les carences qui flinguent tes cheveux

    C’est le point le plus fréquent : tu manges « pas si mal », mais tu es en déficit de certains nutriments clés. Résultat : cheveux qui s’affinent, qui poussent moins vite ou qui tombent plus facilement.

    Voici les carences les plus classiques que je vois chez les gens qui se plaignent de chute de cheveux.

    Carence en protéines : la base souvent oubliée

    Le cheveu, c’est essentiellement… une protéine (la kératine). Si ton apport en protéines est trop bas, ton corps va réduire la voilure sur la production de cheveux.

    Signes possibles :

  • Perte de masse musculaire
  • Fatigue fréquente
  • Cheveux fins, mous, sans volume
  • Objectif minimum pour préserver ta masse musculaire et tes cheveux : environ 1,2 à 1,6 g de protéines par kilo de poids de corps (perso, je recommande souvent 1,6 à 2 g si tu t’entraînes).

    Sources intéressantes :

  • Œufs
  • Poisson, poulet, dinde, bœuf maigre
  • Yaourts grecs, fromage blanc, skyr
  • Tofu, tempeh, légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges)
  • Fer : sans oxygène, pas de beaux cheveux

    Le fer permet de transporter l’oxygène dans le sang. Un sang mal oxygéné, ce sont des racines de cheveux moins bien nourries.

    Les femmes sont particulièrement à risque (règles abondantes + régimes = combo explosif).

    Signes fréquents de déficit en fer :

  • Fatigue constante
  • Pâleur
  • Essoufflement rapide à l’effort
  • Ongles fragiles, cheveux ternes qui tombent facilement
  • Sources de fer intéressantes :

  • Viande rouge (1 à 2 fois par semaine suffisent)
  • Foie (excellent, mais pas à surconsommer)
  • Lentilles, pois chiches, haricots
  • Épinards, blettes
  • Astuce : associe une source de vitamine C (poivron, kiwi, citron, orange) à tes repas riches en fer pour améliorer l’absorption.

    Zinc : le minéral « anti-chute »

    Le zinc intervient dans la croissance des tissus, dont le follicule pileux. Une carence peut favoriser la chute et ralentir la repousse.

    Tu es à risque si tu :

  • Manges peu de produits animaux
  • Manges beaucoup d’aliments ultra-transformés
  • As des problèmes digestifs (malabsorption)
  • Sources de zinc :

  • Huîtres (top du top, mais on n’en mange pas tous les jours…)
  • Viandes (surtout rouge), œufs
  • Noix de cajou, amandes, noix du Brésil
  • Graines de courge et de sésame
  • Vitamines du groupe B : les petites ouvrières de la pousse

    Les vitamines B (surtout B8/biotine, B6, B9, B12) jouent un rôle dans la production de kératine, la circulation sanguine et le renouvellement cellulaire.

    Elles sont souvent en chute libre chez les gens qui :

  • Font des régimes très restrictifs
  • Mangent peu de produits animaux
  • Consomment beaucoup de sucre (qui « pompe » ces vitamines)
  • Sources intéressantes :

  • Œufs (surtout le jaune)
  • Abats (foie, rognons)
  • Poissons gras
  • Céréales complètes, légumineuses
  • Légumes verts, avocat
  • Vitamine D : pas que pour les os

    La vitamine D intervient dans de nombreux processus hormonaux et immunitaires. Un déficit peut perturber le cycle de croissance des cheveux.

    Problème : plus de 70 % de la population est en déficit, surtout en hiver.

    Sources :

  • Soleil (10 à 20 minutes d’exposition bras/jambes quand c’est possible)
  • Poissons gras (saumon, maquereau, sardines)
  • Jaunes d’œufs
  • La supplémentation est souvent utile, mais à vérifier avec une prise de sang et un médecin.

    Acides gras essentiels (oméga-3) : pour un cuir chevelu en bonne santé

    Les oméga-3 aident à lutter contre l’inflammation et participent à la bonne santé du cuir chevelu. Un cuir chevelu inflammé, c’est un environnement hostile pour les racines de cheveux.

    Sources d’oméga-3 :

  • Poissons gras (saumon, sardines, maquereau, hareng)
  • Graines de lin, de chia, de chanvre
  • Huiles de colza, noix, lin
  • Noix
  • Les excès alimentaires qui sabotent tes cheveux

    On parle souvent de carences, mais les excès peuvent faire tout autant de dégâts. Tu peux très bien « trop manger » et être quand même carencé… tout en abîmant tes cheveux.

    Trop de sucre et d’aliments ultra-transformés

    Les pics de sucre répétés augmentent l’inflammation, dérèglent les hormones (insuline, androgènes) et peuvent accélérer certaines formes de chute de cheveux, notamment chez les personnes prédisposées.

    Les coupables habituels :

  • Boissons sucrées et jus de fruits en grande quantité
  • Pâtisseries, viennoiseries, biscuits
  • Céréales du petit-déjeuner ultra sucrées
  • Snacks salés industriels (chips, biscuits apéro)
  • Plats préparés, fast-food
  • Tu n’as pas besoin de vivre comme un moine, mais si chaque repas est un festival de sucre et de produits transformés, ne t’étonne pas que tes cheveux tirent la tronche.

    Trop d’alcool

    L’alcool réduit l’absorption de plusieurs vitamines et minéraux (dont le zinc, le magnésium et les vitamines B), déshydrate, augmente l’inflammation… bref, tout ce qu’on ne veut pas pour des cheveux en forme.

    Sans parler du fait qu’après certaines soirées, on « oublie » parfois de manger correctement pendant un ou deux jours. Double peine pour le corps, triple pour les cheveux.

    Les erreurs nutritionnelles typiques qui dérèglent tout

    Tu peux avoir une alimentation « saine » sur le papier, et pourtant créer les conditions parfaites pour perdre tes cheveux. Comment ? En cumulant certaines erreurs très fréquentes.

    Régimes yo-yo et déficit calorique trop violent

    Je vais être cash : les régimes ultra restrictifs sont une machine à fabriquer des cheveux qui tombent.

    Quand tu passes de 2300 kcal/jour à 900 ou 1200 d’un coup :

  • Le corps panique
  • Il coupe ce qui n’est pas vital (dont les cheveux)
  • Tu crées des carences en quelques semaines seulement
  • On retrouve souvent des chutes massives de cheveux 2 à 3 mois après un gros régime choc. Le temps que le cycle du cheveu réagisse.

    Retiens ça : perdre du gras vite est tentant, mais perdre tes cheveux en bonus, beaucoup moins. Un déficit raisonnable (environ -400 à -500 kcal/jour) est ton meilleur allié.

    Régime végétarien ou végan mal géré

    Bien géré, un régime végétarien ou végan peut très bien fonctionner pour la santé et les cheveux.

    Mal géré, c’est le combo :

  • Trop peu de protéines
  • Trop peu de fer et de zinc biodisponibles
  • Carence en vitamine B12
  • Pas assez d’oméga-3
  • Ça ne veut pas dire « retourne manger des steaks ». Ça veut dire : sois carré dans ta planification.

    Points de vigilance si tu es végé / végan :

  • Varier les sources de protéines végétales (légumineuses + céréales)
  • Fortifier en B12 (supplémentation quasi indispensable pour les véganes)
  • Veiller au fer (lentilles, tofu, légumes verts + vitamine C)
  • Ajouter des sources d’oméga-3 (graines de lin, chia, noix + éventuellement complément en DHA/EPA végan)
  • Régime hyperprotéiné sans végétaux

    L’extrême inverse existe aussi : beaucoup de viande, de whey, d’œufs… et quasiment pas de légumes ni de fruits.

    Tu as alors :

  • Assez de protéines pour la kératine
  • Mais pas assez de vitamines, minéraux, antioxydants pour protéger les follicules
  • Résultat : tu sèches peut-être, tu prends du muscle… mais tes cheveux sont ternes, cassants, et tu en retrouves partout dans la salle de bain.

    Non, les légumes ce n’est pas juste pour « remplir l’assiette » : c’est aussi une assurance anti-carences.

    Stress, sommeil, entraînement : les facteurs qui amplifient l’effet de l’alimentation

    On ne va pas se mentir : l’alimentation ne fait pas tout. Mais elle devient encore plus cruciale quand :

  • Tu es en stress chronique (travail, perso, etc.)
  • Tu dors mal ou trop peu
  • Tu t’entraînes dur sans récupérer correctement
  • Le stress chronique augmente le cortisol, qui peut perturber le cycle du cheveu. Si tu combines ça avec des carences, tu as le cocktail parfait pour une chute diffuse.

    Donc oui : on optimise l’alimentation, mais on ne néglige pas non plus :

  • 7 à 9 heures de sommeil par nuit
  • Des moments de vraie décompression (marche, respiration, lecture, méditation…) sans écran
  • Une charge d’entraînement adaptée à ton niveau et à ton état de fatigue réel
  • Que faire si tu perds trop de cheveux ? Plan d’action concret

    On passe à la partie pratico-pratique. Si tu constates une chute accélérée :

    1) Faire le point sur ton alimentation des 3 derniers mois

  • As-tu fait un régime sec ?
  • As-tu supprimé un groupe d’aliments (viande, féculents, produits animaux) ?
  • Manges-tu des légumes et des fruits tous les jours ?
  • Consommes-tu des protéines à chaque repas ?
  • 2) Vérifier les apports de base au quotidien

  • Protéines suffisantes (au moins 1,2 g/kg/jour, idéalement plus si sportif)
  • 2 à 3 portions de légumes par jour
  • 1 à 2 portions de fruits par jour
  • Des bonnes graisses (huile d’olive, colza, noix, poissons gras, oléagineux)
  • Des féculents complets ou semi-complets pour l’énergie (riz, pâtes, quinoa, patate douce, avoine…)
  • 3) Envisager un bilan sanguin

    Si la chute est marquée et dure depuis plusieurs semaines, parles-en à ton médecin. Il pourra demander un bilan incluant par exemple :

  • Ferritine (réserves de fer)
  • Vitamine D
  • Vitamines B (B9, B12)
  • TSH (thyroïde)
  • Éventuellement zinc, cuivre…
  • C’est mille fois plus efficace que de prendre des compléments au hasard.

    Exemple de journée alimentaire « friendly » pour tes cheveux

    Juste pour te donner une idée concrète d’une journée qui soutient à la fois ta forme, ta silhouette et tes cheveux.

    Petit-déjeuner

  • Bol de fromage blanc ou skyr + flocons d’avoine
  • Une poignée de noix / amandes
  • Un fruit (kiwi, orange, baies…)
  • Déjeuner

  • Filet de poulet ou de poisson
  • Quinoa ou riz complet
  • Grosse portion de légumes variés (brocoli, carottes, poivrons…)
  • Un filet d’huile d’olive ou colza
  • Snack

  • Yaourt nature ou poignée de fruits secs + graines de courge
  • Dîner

  • Poisson gras (saumon, maquereau, sardines) ou tofu sauté
  • Patate douce ou lentilles
  • Légumes verts (épinards, haricots verts, courgettes)
  • Pour les boissons : eau en priorité, thé ou café sans excès, alcool occasionnel mais pas quotidien.

    Compléments alimentaires : utiles ou gadgets ?

    Les gélules « cheveux ongles peau » ne remplaceront jamais une vraie alimentation solide. Par contre, elles peuvent aider en complément si :

  • Ton alimentation est déjà correcte
  • Tu as ciblé au moins une carence avec un bilan sanguin
  • Ce qui peut être utile, sous contrôle médical :

  • Vitamine D (fréquemment en déficit)
  • Fer (uniquement si carence avérée, sinon risque de surcharge)
  • Vitamine B12 (chez les véganes ou végétariens stricts)
  • Oméga-3 (si tu manges peu de poissons gras)
  • Les compléments « antichute » à base de biotine, zinc, etc. peuvent donner un petit coup de pouce, mais ils feront zéro miracle si tu continues à :

  • Manger ultra transformé du matin au soir
  • Être en déficit calorique permanent
  • Ne jamais dormir correctement
  • Les idées reçues à laisser tomber (comme tes cheveux… ou pas)

    Pour finir, on casse quelques mythes.

  • « C’est génétique, je ne peux rien y faire. »
    Si ta génétique joue, ton hygiène de vie peut clairement accélérer ou ralentir le processus. Tu n’es pas totalement condamné.
  • « Il suffit de prendre de la levure de bière. »
    La levure de bière ne réparera pas une carence en fer, en vitamine D ou un déficit calorique monstrueux. Elle peut aider un peu, mais ce n’est pas la baguette magique.
  • « Plus je mange de protéines, plus j’aurai de cheveux. »
    Au-delà d’un certain seuil, ça ne sert plus à rien pour tes cheveux si le reste de ton alimentation est déséquilibré.
  • « Tant que je prends des compléments, je peux manger n’importe comment. »
    Non. Les compléments sont la cerise. Pas le gâteau.
  • Tu l’auras compris : la chute de cheveux n’est pas qu’un problème de shampoing ou de fatalité. C’est souvent un signal que ton corps envoie pour dire « stop, je manque de carburant de qualité ».

    La bonne nouvelle, c’est que tu as une vraie marge de manœuvre : en rééquilibrant ton alimentation, en évitant les régimes débiles et en prenant soin de ton sommeil et de ton stress, tu peux non seulement aider tes cheveux… mais aussi ton énergie, ton physique et ta santé globale.

    Et si tu veux aller plus loin sur la transformation de ton corps sans sacrifier ta santé (ni tes cheveux), reste connecté : ici, on parle vrai, sans bullshit, et surtout avec des stratégies que tu peux appliquer dès ton prochain repas.